Chroniques des peuples à 6 ou 8 pattes...
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Les médias donnent souvent des exemples de dégradation de l’environnement par l’homme. Pourtant, parfois, c’est le rôle positif de ce dernier qui est mis en valeur. C’est le cas de l’histoire qui suit…
Imaginez un papillon dont les ailes antérieures (= de devant) sont essentiellement violettes. Cet insecte, que l’on ne trouve pas en Europe, est un danaïde (de la même famille [= Danaidae] que le Monarque, qui, lui, peut être aperçu sur notre continent). Son nom anglais est « purple milkweed butterfly».
A Taïwan (une île située à l’est de la Chine), ce papillon a, il y a à peine plus d’un an (fin mars 2007), été responsable d’un événement que l’on a du mal à imaginer en France… A savoir la fermeture d’une voie d’une importante autoroute…
Il faut préciser qu’il s’agit d’un papillon migrateur qui, lors de sa migration saisonnière printanière, traverse cette autoroute sur environ 600 mètres… Plus d’un million de papillons de cette espèce étaient attendus ! L’insecte hiverne dans le sud de l’île et, à cette époque de l’année, se dirige vers le nord pour s’y reproduire.
Environ 11 500 papillons entreprennent le périple chaque heure mais un certain nombre d’entre eux périront au cours de cette traversée pleine de danger… Des filets de protection et des lumières ultraviolettes devaient être utilisés pour faciliter le voyage des lépidoptères (= papillons).
Les filets de protection ont pour but d’obliger les papillons à voler plus haut pour qu’ils ne soient pas victimes de la circulation automobile. L’éclairage ultraviolet devait être positionné en dessous d’un tronçon surélevé de l’autoroute pour inciter les insectes à passer dessous.
Le coût des mesures était estimé à 30 000 dollars (soit un peu moins de 23 000 euros à l’époque mais environ 19 140 euros début avril 2008…).
[d’après le site Internet de la BBC (24 mars 2007) ; merci à Kayon W.]
La douceur actuelle des températures en France métropolitaine permet l’observation de papillons en cette fin février 2008.
Les tous premiers papillons de l’année que l’on aperçoit (généralement en février ou mars) sont nés l’année précédente et ont hiverné (hiberné) à l’état adulte.
Il peut certes arriver d’en voir plus tôt, idéalement à l’occasion d’une journée ensoleillée et douce, mais dans ce cas, ces papillons sont encore en train d’hiverner et après ce vol hivernal, les individus de certaines espèces auront beaucoup de mal à entrer de nouveau en hivernation (hibernation), ce qui est pourtant vital…
Notons aussi qu’il est possible, essentiellement en novembre voire décembre, d’observer des papillons nés en cours d’année et toujours actifs grâce à des conditions météo clémentes. Il peut s’agir d’individus qui, bien qu’appartenant à des d’espèces migratrices, choisissent de rester sur place.
Mais revenons aux papillons qui sortent d’hivernation à la fin de l’hiver. Ils ont donc passé l’hiver à l’état imaginal (= adulte), c’est-à-dire ni sous forme d’œuf, ni sous forme de chenille ou de chrysalide (= état nymphal, dernière étape avant d’être adulte, la chenille s’entourant –chez certaines espèces- d’un cocon de soie).
Dans quels endroits ces papillons hivernent-ils ? Eh bien, dans un arbre creux et autres cavités sombres, sur le revers d’une feuille de lierre (dans le cas de l’espèce appelée Citron), etc. ou tout simplement à l’abri dans les greniers…
A vrai dire, en France métropolitaine, les espèces de papillons qui hivernent à l’état adulte ne sont pas nombreuses. Outre le Citron (nom scientifique : Gonepteryx rhamni), à la couleur jaune caractéristique (du moins chez les mâles, la femelle étant vert pâle à blanc verdâtre), citons la Petite tortue (Aglais urticae), la Grande tortue (Nymphalis polychloros), le Paon du jour (Inachis io), le Robert-le-diable (Polygonia c-album) et le Vulcain (Vanessa atalanta).
Voilà les papillons que vous croiserez peut-être (notamment) ces prochaines semaines… A ces espèces, il faut toutefois en ajouter progressivement quelques autres dont les individus deviennent adultes à la fin de l’hiver/début du printemps et cela d’autant plus qu’il faut compter avec le réchauffement du climat…
[d’après, notamment :
- Les papillons d’Europe (Rhopalocères et hétérocères diurnes), Michael Chinery et Michel Cuisin, Nouvelle génération des guides DN, Delachaux et Niestlé, Lausanne - Paris, 1994 ;
- Papillons et chenilles, Thomas Ruckstuhl, Nathan Nature (guide naturaliste), Editions Nathan, Paris, 1997 ;
- Quel est donc ce papillon ?, Guides Nature, Heiko Bellmann, Nathan, Paris, 2006 ;
- Insectes de France et d’Europe occidentale, Michael Chinery, Flammarion, Paris, 2005]
Avant de devenir adulte, le papillon est une chenille. Nous allons voir qu’il existe des chenilles qui utilisent leurs mandibules (= « mâchoires ») pas seulement pour se nourrir…
Les chenilles de certaines espèces de papillons avertissent les prédateurs d’une manière très originale : en faisant un petit bruit sec avec leurs mandibules !
Prenons le cas du polyphème d’Amérique (Antheraea polyphemus) qui, comme tous les papillons, appartient à l’ordre des lépidoptères (Lepidoptera). Même si la chenille de cette espèce n’a bien évidemment pas la prétention de rivaliser avec le rugissement d’un lion, les bruits émis sont audibles par l’homme et pourraient être comparés au léger tapotement des ongles sur une surface.
Ce n’est pas tant le bruit en lui-même qui est susceptible d’effrayer les prédateurs mais bien le fait qu’il s’agit d’un avertissement que la chenille va passer immédiatement à l’offensive…
En l’occurrence, elle va régurgiter une gouttelette d’un liquide qui, manifestement, repousse ceux qui ont l’occasion d’en être des témoins olfactifs (= via l’odorat).
Certaines chenilles se protègent des prédateurs en arborant des couleurs agressives (= livrée d’avertissement) généralement assimilées au caractère toxique de celui qui les porte.
Dans le cas présent, les chenilles qui préfèrent avertir d’une manière sonore semblent avoir misé sur la discrétion de leur parure pour ne pas attirer l’attention des prédateurs et n’utilisent un système d’avertissement qu’une fois qu’elles ont été repérées.
L’étude est parue dans le Journal of Experimental Biology.
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